Chroniques littéraires

Rien où poser sa tête, par Françoise Frenkel

 

En 1921, Françoise Frenkel, une jeune femme passionnée par la langue et la culture françaises, fonde la première librairie française de Berlin, « La Maison du Livre ». Rien où poser sa tête raconte son itinéraire : contrainte en 1939 de fuir l’Allemagne, où il est devenu impossible de diffuser livres et journaux français, elle gagne la France, où elle espère trouver refuge. C’est en réalité une vie de fugitive qui l’attend, jusqu’à ce qu’elle réussisse à passer clandestinement la frontière suisse en 1943.  

 

Avis

J’ai lu beaucoup de livre sur la Seconde Guerre Mondiale (déportation, vie sous l’occupation, point de vue allemand, etc). Mais c’est la première fois que le sujet est celui de la fuite et de la traque.

 

Je me suis attachée dès les premières pages à Françoise, j’ai aimé l’ambition de cette femme d’ouvrir une librairie, les moyens qu’elle s’est donnés pour y arriver, l’amour qu’elle confère à ses livres. La pudeur avec laquelle elle raconte la transformation de l’Allemagne en une terre antisémite, avec toute la violence que cela laisse supposer.

 

Aussi, lorsque les événements la rattrapent en 1939, j’ai plongé avec elle dans ce tourbillon qui va l’aspirer pendant quatre années. Plus les mois passent, plus le danger de la déportation se rapproche d’elle. Comme tant d’autres, elle est obligée de se cacher, de fuir, d’être courageuse, de prendre des décisions décisives, de tenter le tout pour le tout pour survivre. Bien que sachant dès le départ l’issu de son ouvrage, j’ai tremblé pour elle. J’ai aussi versé une larme de soulagement aux dernières lignes du livre.

 

Maintenant que j’ai refermé son ouvrage, je me rends compte qu’un autre point m’a beaucoup touché : la bienveillance dont elle a pu bénéficier. C’est étrange de dire cela alors que Françoise Frenkel vit le sort réservé aux juifs pendant cette guerre, mais c’est pourtant vrai. Dans son malheur, elle a rencontré de merveilleuses personnes, qui l’ont aidé, accompagné, au péril de leur vie. Jusqu’au dernier moment, Françoise n’aurait pas pu s’en sortir seule. Et malgré les horreurs perpétrées par l’humain pendant cette période, j’aime à retenir qu’il peut aussi se montrer merveilleux.

 

Rendez-vous ici pour trouver ce livre dans une librairie proche de chez vous.

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