Chroniques littéraires

Les dames de Kimoto, par Sawako Ariyoshi

livre les dames de kimoto

Elles sont trois, ces dames de la famille Kimoto, avec leurs amours, leurs passions, leurs drames qui nous racontent le destin de la femme japonaise de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui.

Toyono, la grand-mère, incarne la tradition, immuable, ancestrale ; Hana, figure centrale du roman, va se trouver déchirée entre le passé et ses aspirations personnelles avant de devoir affronter la génération montante en la personne de Fumio, sa fille, qui, après de violents conflits, saura prendre des temps anciens et des temps nouveaux ce qu’ils ont de meilleur.

 

 

Avis

Voyage vers l’est avec ce roman de Sawako Ariyoshi, la Simone de Beauvoir du Japon. C’est d’ailleurs cette comparaison qui m’a donnée envie de commencer cet ouvrage. Et également de persévérer. Bien que la première partie soit intéressante, je ne connaissais pas bien les mœurs japonaises du début du 20ème siècle, j’ai mis du temps à vraiment entrer dans ce roman.

 

Au départ, j’ai été troublé par le ton du livre. En l’achetant, lorsque j’ai lu que son autrice était comparée à Simone de Beauvoir, je m’attendais à lire la révolte d’une femme japonaise. En réalité, il s’agit d’un état des lieux de la condition féminines. Avec le recul, je suis admirative de la retenue de Sawako Ariyoshi. En restant neutre dans son écriture, elle m’a permis de me faire ma propre opinion, de mieux comprendre les enjeux auxquels doit répondre la femme de cette époque, coincée entre son éducation, son rang social, les traditions et la modernité qui arrive avec la fin de la seconde guerre mondiale.

 

La société japonaise est extrêmement codifiée, la vie de la femme est dictée avec minuties, dans les moindres détails. La seconde partie du livre est marqué par un conflit de génération et nous amène à nous poser des questions sur la place de la femme, sur le courage véritable à accepter sa condition ou se révolter. A-t-on vraiment la liberté ? Est-on féministe seulement si on lutte, peut-on être féministe en étant totalement épanouie dans un rôle de femme dit « ancien » ? J’ai mes réponses à la plupart de ces questions, mais il est intéressant de se requestionner et de rester ouverte aux opinions autre que les miennes. Surtout quand elles sont empruntes d’une culture si différente de la nôtre.

 

Je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage subtils et éclairant !

 

Rendez-vous ici pour trouver ce roman dans une librairie indépendante proche de chez vous.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply