Chroniques littéraires

La force du silence, par Cristina Noacco

 

 

La quête du silence recèle une promesse pour qui cherche à se dépouiller de toute nuisance sonore : celle de trouver sa juste place dans l’harmonie de l’univers. Car le silence est à l’opposé de l’absence de mots, du manque, de la vacance, par lesquels on le pense généralement, en le meublant, le dénigrant ou l’évitant. Il s’établit en contrepoint du déferlement contemporain d’images et de sons, de sollicitations et d’agitation – reposant, il est la sieste du bruit. Grâce à l’écoute sensorielle, l’individu perçoit le bruissement du monde, ainsi que les intervalles qui séparent deux vibrations, comme deux notes ou deux pas de marche. 

 

Mon avis

Certains livres ressemble à des trésors. Vous est-il déjà arrivé d’en trouver ?

Celui-ci m’a été offert. D’abord son format, il est petit, tout fin, fait d’un beau papier, un peu granuleux au toucher. La tranche est verte, la couverture, encadrée de blanc, représente la montagne, sa végétation, son ciel, sa brume. A première vue, il n’attire pas l’œil, il n’en impose pas. C’est quand on l’ouvre que l’on prend conscience de ce que l’on a entre les mains… Dès les premiers mots, je me suis sentie emportée. Tantôt, j’avais l’impression de lire un poème tant les mots de Cristina Noacco sont bien choisis, tantôt, j’avais l’impression de lire son journal quand elle dévoile ses souvenirs, tantôt j’avais l’impression de lire un ouvrage philosophique, de par les réflexions que l’auteure nous propose d’approfondir avec elle.

Tous les thèmes attenants au silence sont explorés : l’absence de bruit, sa complémentarité avec le bruit, la musique, la multiplicité des langages dont le monde dispose, la mémoire, etc. Mes préférés ont été ceux sur la nature et sur le silence intérieur. Ces passages m’ont transporté, m’ont parlé.

Je ne résiste pas à l’idée de poser ici quelques citations tirées de La Force du Silence et qui m’ont particulièrement touchées :

  • « Il est l’arrière-fond de nos retrouvailles avec nous-même et avec la nature ».
  • « Le silence que j’aime n’est pas l’absence de bruits, c’est une disposition de l’esprit à entendre le bruissement du monde et les mouvements de mon monde intérieur ».
  • « La notion d’intervalle a de moins en moins de place dans la frénésie de notre vie intérieure ».
  • « Atteindre le silence intérieur signifie donc devenir spectateur de soi-même. La seule manière d’y parvenir est de pratiquer la méditation […] »

Bien souvent, mes lectures s’enchaînent avec une certaine « logique » : je ressens l’envie d’un titre, d’un genre particulier. Ainsi, ce n’est pas un hasard si après ma lecture des Passeurs de livres de Daraya, lecture au combien belle, mais dure aussi, j’ai ouvert la Force Du Silence.

Le sujet du silence me touche particulièrement. Le silence et moi, c’est une histoire à part commencée pendant l’enfance, une recherche chaotique, une acceptation lente, mais je l’espère, profonde. C’est ma quête, hier elle me hantait, aujourd’hui elle me guide 🙂

 

Merci Emilie pour ce présent !

 

Vous pouvez vous procurer La force du silence chez un libraire indépendant près de chez vous !

 

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